|
|
Savoir, codes, règles et comportement.
Si vous avez observé une piste de danse à Buenos-Aires vous vous êtes certainement demandé comment cela se fait-il qu'on réussisse à caser autant de monde dans un espace si serré. Et même, comment tous ces gens ne finissent pas aux Urgences au bout de quelques morceaux.
Il ne faut pas se leurrer, tout n'est pas harmonie dans ces endroits. On y a vu souvent des tensions éclater. Mais en France nous n'arrivons pas a garder nos chevilles à l'abri des couples trop inspirés avec un nombre de danseurs moitié moins important.
Voici un petit topo pour rendre nos milongas aussi harmonieuses que là-bas.
Le tango se danse en avançant en couple dans le sens contraire aux aiguilles d'une montre. Le cavalier avance de face et la cavalière recule la plupart du temps.
On occupe les places les plus proches du bord de la piste en laissant le centre de la piste libre dans la mesure du possible. (Ou comme on dit en Argentine "El que baila en el medio es porque no sabe bailar").
Le cavalier n'entreprend de mouvement en arrière que s'il voit que la place n'est pas occupée. Souvent un demi-tour sur soi suffit pour s'en rendre compte.
Vous devez garder votre place dans la foule qui danse. Le tango n'est ni une course ni un tour d'auto-tamponneuses. Soyez patient avec le couple qui vous précède.
Vous n'êtes pas obligé de finir une figure que vous avez commencé si vous n'avez pas la place pour le faire. Et encore moins de la finir sur le cadavre d'autrui. Souvenez-vous que le "ocho cortado - huit couper" ou "giro localmente - tour sur place" fut inventé pour vous dépanner dans des cas comme ça et pour, la beauté et le plaisir.
Le cavalier n'entreprend de figures compliquées que s'il est sûr qu'il a la place suffisante pour les réaliser. Avant de vous y lancer rappelez-vous que les autres couples ne sont pas statiques. Laissez les figures compliquées pour quand on vous demandera de faire des démos en solo, car les figures compliquées des uns cassent la concentration des autres danseurs, vu qu'il faut qu'ils se méfient de vos éventuels coups de pieds.
Ce qui nous ramène à la base du savoir-faire dans le tango: le respect de la concentration d'autrui. Soyez modeste.
Vous vous sentez au Paradis en exhibant votre dernière trouvaille chorégraphique au milieu de la piste? Vous pensez que les danseurs moins doués s'écartent pour vous céder la place d'honneur? Vous avez tout faux. Vous venez de vous rendre ridicule en mettant tout le monde à danser autour de vous comme si vous étiez Fred Astaire dans un film hollywoodien.
Vous ne pouvez pas atteindre ces moments magiques que seul le tango peut procurer si on vous empêche de vous concentrer.
Aussi ne grondez pas votre cavalière au milieu d'un morceau. Pensez que si elle n'arrive pas a comprendre ce que vous voulez faire passer, il y a beaucoup de chances que ce soit parce que votre marquage n'est pas clair.
Il y a peu de choses qui vous dévalorisent davantage sur une piste de danse que de faire voir au reste des danseurs que vous perdez votre calme. Que vous méprisez votre partenaire au point de lui faire des reproches en public. Les filles avec lesquelles vous voudriez danser vous observent et savent à quoi elles s'exposent si elles dansent avec vous. D'autre part, si vous faites des reproches à votre cavalière elle aura du mal à se faire re-inviter par quelqu'un d'autre car vous l'aurez dépréciée aux yeux de tout le monde. Et surtout, un arrêt dans le parcours de la foule est fatal pour la concentration des autres danseurs. Sans parler du désagrément d'entendre des couples se disputer dans un moment qu'on a voulu de détente, nous éloignant des tracas de la vie quotidienne et nous ayant souvent coûté cher en sommeil ou en kilomètres.
Les couples qui dansent le tango ne parlent qu'entre les morceaux. Le bruit de votre conversation distrait aussi les autres danseurs. Votre discours vous empêche de ressentir la musique. Or, c'est pour interpréter la musique que vous êtes là. Si vous ne l'écoutez pas, vous ne pourrez pas la danser convenablement.
Faites la différence entre une pratique et une milonga. Une pratique c'est fait pour s'entraîner. C'est plus au moins logique que vous y mettiez au point des aspects techniques de la danse ou que vous fixiez les nouveautés que vous avez appris dans les cours. Mais quand vous êtes dans une milonga, il faut jouer le jeu. On attend de vous que vous soyez un grand seigneur. Un milonguero. Cette espèce de preux chevalier des faubourgs de Buenos-Aires. Un milonguero ne donne pas de cours de tango privés dans une milonga. Il garde ça pour les pratiques. Ou alors il le fait dans un coin éloigné de la salle où il ne se fait pas remarquer. L'ascendant que vous croyez prendre sur les autres en vous érigeant en prof de tango pour débutantes, vous le volez à votre cavalière.
Si vous vous êtes mis au tango parce que les femmes ont pris trop de libertés depuis mai '68 et que vous voulez retrouver le côté primitif des rapports homme-femme et le macho qui sommeille au fond de vous, vous vous êtes trompé de discipline.
Sachez que le terme "macho" en Argentine ne veut pas dire la même chose qu'en France. Un "macho" ici c'est quelqu'un qui méprise la femme. Qui la bât éventuellement. En Argentine un "macho" se définit non pas par rapport aux femmes mais aux autres hommes. Un "macho" argentin ne frappera jamais une femme ni sera discourtois avec elle, mais se battra contre un mec qui bat sa femme… Vous devez penser que dans une société de frontière comme celle qui a inventé le tango à la fin du XIXe siècle à Buenos-Aires, la femme était extrêmement valorisée du fait que les immigrants étaient bien plus souvent des hommes que des femmes.
Aussi le bon vrai milonguero se débrouille non pas pour se faire voir lui, mais pour mettre en valeur sa cavalière.
La bonne attitude à avoir quand vous ou votre cavalière venez de donner un coup de pied à quelqu'un au milieu d'un morceau, est de demander d'un regard si les dégâts sont importants et faire des excuses silencieuses, avec un geste. Quitte à les élargir de vive voix à la fin du morceau. Si c'est vous qui recevez le coup, essayez de rassurer le fautif, dans la mesure du possible. Un sourire peut faire des miracles.
- Hygiène personelle et en collectivité -
Dans les milonga et en collectivité s'impose encore davantage le respect des règles élémentaires d'hygiène et propreté.
L'hygiène est un ensemble de mesures et de précautions qui sert à se protéger et à maintenir en un bon état de santé la population.
L'hygiène doit donc toujours être pensée pour l'individu ET la collectivité.
Pour l'individu les règles d'hygiènes de base sont :
Un soin attentif de ses barrières naturelles : peau et muqueuses.
Des règles de vie limitant l'exposition aux toxiques.
Une modification de ces règles de vie en fonction de l'environnement.
L'usage de détersifs, ou pire, d'antiseptiques, parfum abusif et de nouriture épicé de façon régulière en absorption buccal ou sur une peau saine n'apporte pas davantage d'hygiène bien au contraire : cela modifie l'équilibre de la flore naturelle de la peau et privilégie la pousse de microbes résistants.
Une bonne hygiène bucco-dentaire.
L'hygiène, c'est le respect de soi et des autres.
" Si vous appliquer déjà ce que vous venez de lire vous êtes un bon "
Milonguero, Tanguero y Canyengueros
|
| |